lundi, 08 juin 2009
Résultats des élections européennes
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jeudi, 04 juin 2009
Lettre à ceux qui aiment l’Europe mais aussi à ceux qui ne l’aiment pas encore, par Nathalie Griesbeck
Êtes-vous de ceux qui n’iront pas élire nos députés européens dimanche prochain ? Il y a quelques années, un responsable de la majorité se félicitait d’un fort taux d’abstention : “Qui ne dit mot consent” se réjouissait-il ! Triste lecture d’une vie démocratique qui se délite, triste perception d’un silence des urnes de plus en plus assourdissant ! A mon sens, il n’y a rien de plus dangereux qu’un peuple qui déserte le chemin des urnes et des bureaux de vote…
Je n’imagine pas un instant que vous, vous ne vous exprimiez pas lors de ce scrutin majeur qui va permettre aux uns comme aux autres de témoigner leur adhésion à l’Idéal Européen, mais aussi d’exprimer leurs attentes vis-à-vis d’une Europe qui ne correspond pas encore à l’idée qu’ils s’en font et qui doit devenir enfin réalité.
Pour le Mouvement Démocrate, la campagne qui s’achève n’est pas une simple opportunité, bien au contraire : héritiers de Robert Schuman, nous portons l’Europe pour ainsi dire dans nos gènes. Voulue par ses fondateurs comme un pôle de stabilité après les conflits qui ont secoué et meurtri l’Europe, l’Union, face à la crise actuelle, a protégé et protège nos peuples grâce à sa solidité et à celle de l’euro. La Communauté du charbon et de l’acier, la politique agricole commune, la mise en circulation de l’euro : voilà trois réalisations majeures qui ont changé la vie des Européens. Trois concrétisations qui montrent bien que l’union fait la force tout comme c’est la force des projets communs qui fait l’Union Européenne. Si beaucoup a été fait, beaucoup reste encore à faire. Il est temps de mettre de nouveaux projets majeurs en chantier, en unissant imagination, détermination, audace et réalisme. Nous voulons une Europe plus unie, mieux coordonnée. Une Europe qui travaille fondamentalement à approfondir ses bases, et non pas à s’élargir. Une Europe plus exigeante qui allie progrès social et développement économique et écologique. Une Europe qui parle d’une seule voix sur la scène internationale. Une Europe qui respecte la diversité et les cultures de ses États membres.
Pendant cinq ans, je vous ai représentés au Parlement Européen pour défendre ces valeurs. Présente et assidue tant en session que dans les commissions, j’ai défendu cette idée et cet idéal de l’Europe. J’y ai mis beaucoup de cœur et, avec votre soutien, je continuerai à en mettre toujours davantage car, justement, l’ouvrage est loin d’être achevé. Avec Jean-François Kahn, nous formons une équipe qui se renforce mutuellement. Tout au long de ces derniers mois, avec nos colistiers, nous avons apporté un supplément d’âme, d’enthousiasme et de conviction à une campagne qui en manque cruellement. Passionnément européens, notre engagement est sans faille. Afin de redonner enfin force à l’essentiel : replacer l’Homme au cœur de l’action et tout particulièrement au cœur de l’action politique.
Vous savez que vous pouvez compter sur nous. Dimanche prochain, je compte sur vous.
Ensemble, agissons pour une Europe RENOUVELÉE, pour une Europe VOLONTÉ.
Bien à vous,
Nathalie Griesbeck
Le 1er juin 2009
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mercredi, 03 juin 2009
Compte-rendu visite Scy-Chazelles

Article d'Antoine SPOHR sur la visite organisée par le CIDEC de la maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles, près de Metz. Visite accompagnée d'une rencontre avec Nathalie GRIESBECK, Député Européen sortant.
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mardi, 02 juin 2009
Tribune de Dominique de Villepin
Europe, l'avenir du monde, par Dominique de Villepin
La campagne européenne n'est pas à la hauteur des enjeux. Or le besoin d'Europe n'a jamais été aussi évident. Notre modèle social, si critiqué par le passé, permet d'amortir le choc de la récession mondiale et stabilise tant bien que mal les économies. Notre tradition de dialogue est légitimée par la multipolarité. Pourtant, jamais l'Europe n'a été autant en proie au doute.
L'Union européenne traverse sa crise la plus grave. L'illusion d'optique d'une stabilisation apparente, avec la possible ratification du traité de Lisbonne et le volontarisme de la présidence française, n'y change rien. Les Européens doutent de son efficacité parce qu'elle est divisée et corsetée de procédures complexes et opaques. Ils doutent de sa légitimité quand des approches techniciennes et souvent dogmatiques dominent au sein de ses institutions. Ils doutent même de son identité lorsqu'ils se tournent vers le passé pour y chercher des racines univoques ou des remparts naturels.
Les causes du blocage sont multiples. La première est une erreur d'appréciation historique. Avec la chute du mur de Berlin, les moteurs de la construction européenne se sont éteints mais on a feint de ne pas s'en apercevoir. L'adhésion des pays d'Europe de l'Est s'est nourrie de malentendus, devenus avec le temps des facteurs de division; la réunification allemande a déséquilibré l'ancienne Europe, fondée sur les prémisses d'une Allemagne rhénane et faible, sans en inventer une nouvelle; la fin de la menace soviétique n'a pas été exploitée pour refonder la relation transatlantique, ni repenser le lien avec la Russie.
L'Europe souffre également d'un déséquilibre structurel car ce déni de l'histoire a mené à des élargissements successifs et précipités au détriment de son approfondissement. La volonté d'affichage a livré les institutions à la loi du nombre. Or cette loi reflète la loi du marché car elle implique une gouvernance automatique et a minima. Elle consacre aussi la loi du plus fort dans la mesure où cette Europe tend d'autant plus à s'aligner sur la puissance américaine que ses divisions l'obligent à vivre au rythme chaotique des coalitions et des tractations entre Etats.
Enfin, il y a un basculement mondial. Les défis auxquels la construction européenne se trouve confrontée ont changé de nature. Essentiellement intérieurs du temps de la réconciliation, de la reconstruction et du marché unique, ils sont désormais surtout extérieurs. Or il faut prendre l'initiative pour peser sur une mondialisation qui recompose les puissances… mais ne les efface pas.
Nous vivons la fin d'un âge. Orpheline de son idéal, l'Europe doit être refondée, car elle reste une idée neuve. Quoi de plus nécessaire aujourd'hui que l'appui sur les piliers des pères fondateurs : l'apprentissage du partage du pouvoir, le principe de la solidarité entre riches et pauvres et le dépassement des intérêts nationaux dans l'élaboration d'un intérêt général continental? L'audace de la vision gaullienne lui a légué un autre héritage tout aussi actuel dans l'exigence de l'indépendance. L'Europe est l'avenir du monde.
Un sursaut est urgent car le monde ne nous attendra pas. Il faut renouer avec la fidélité à l'aventure européenne originale pour être pionniers dans la nouvelle mondialisation. Notre message et notre légitimité sont ces valeurs humanistes qui demeurent le ciment de l'Union et le socle de cette Europe-modèle.
La construction politique européenne est faite de volontarisme. Avant d'entériner tout nouvel élargissement, il faut consolider les fondations et retrouver l'effet d'entraînement d'un moteur. La France pourrait donner l'exemple avec l'Allemagne en mettant en œuvre, comme je l'ai proposé en 2003, une Union d'Etats assurant un rapprochement fiscal et social ainsi que la convergence concrète et durable de politiques nationales dans les domaines d'avenir : l'énergie, où la sécurité d'approvisionnement exige la mise en commun de nos besoins, l'environnement, l'éducation ou l'innovation. Les divergences croissantes font aujourd'hui du renouveau du couple franco-allemand une ardente nécessité.
En matière industrielle, Paris et Berlin devraient relancer de grands programmes industriels. Galileo, le futur GPS européen, doit être suivi d'autres programmes dans le domaine des infrastructures, des énergies renouvelables ou de l'aéronautique, pour faire face à la compétition économique mondiale.
Une telle initiative n'a de sens que si elle se veut souple et ouverte aux autres Etats désireux de s'y joindre pour avancer plus vite, tandis qu'un effort accru de solidarité envers l'Europe de l'Est doit en parallèle assurer la solidarité du centre et des périphéries. L'Europe, et plus particulièrement la France, incarne aussi un modèle social, un "capitalisme à visage humain" au point d'équilibre entre la liberté d'entreprendre et la justice sociale. Il exige aujourd'hui d'être renforcé, modernisé, diffusé à l'échelle du continent. Renouvelons en profondeur la logique des fonds structurels pour faire de l'Europe un acteur stratégique de la redistribution entre riches et pauvres, en faveur à la fois de secteurs industriels en difficulté et de populations fragiles, via un plan européen pour l'emploi des jeunes par exemple.
L'Europe-modèle, c'est enfin le dialogue et le rapprochement des cultures fondé sur la mobilité de la jeunesse et le respect de la diversité. Il serait souhaitable d'élargir les programmes Erasmus à l'enseignement professionnel et à la formation continue. Nous pouvons reprendre l'initiative en lançant de grands projets fédérateurs, précurseurs d'un gouvernement économique européen. Une Europe de la régulation permettrait de réfréner les dérives du marché avec la création d'une Autorité de contrôle des établissements financiers.
Une Europe de l'innovation donnerait naissance à un espace intégré de la recherche et de l'enseignement supérieur avec des universités européennes et une Agence de l'innovation articulée autour de grandes filières prioritaires.
Une Europe de la protection doit également émerger à travers la constitution de véritables services publics européens, une convergence des politiques sociales et la recherche de minima sociaux.
Le défi de cette Europe refondée est à l'horizon du monde. L'Europe-puissance peut être le fer de lance de la multipolarité. Son absence ouvre la voie à la "Chimérique", un duopole économique sino-américain où l'atelier du monde hyper-épargnant s'accorderait avec le consommateur hyper-endetté d'outre-Atlantique. Son silence encourage aussi les logiques de blocs, comme avec la Russie qui restaure son ancienne zone d'influence.
Dans ce monde dangereux, un pôle de puissance européen capable d'organiser un vaste espace de sécurité, de prospérité et de stabilité réunissant près d'un milliard de personnes s'avère indispensable avec l'émergence de l'Inde et de la Chine. Sans pour autant préjuger de l'issue des négociations d'adhésion, la Turquie aurait vocation à rejoindre, ainsi que la Russie et les pays du Maghreb, cette alliance paneuropéenne élargie où les bénéfices des politiques communes pourraient être partagés sans conduire à l'intégration politique, réservée au noyau dur que resterait l'Union.
L'Union pour la Méditerranée exprime, en dépit des blocages actuels, notre responsabilité particulière envers le Sud. Son approfondissement sera crucial pour la gestion des flux migratoires, la maîtrise du risque terroriste et l'approvisionnement énergétique.
L'histoire ne sera écrite en grand que par le partage de la paix et le dialogue des cultures. Avec la Russie, nous avons en commun un passé conjuguant le rêve de l'universel et le deuil des empires. Persister à lui tourner le dos revient à la précipiter vers ses démons nationalistes et la reconstitution d'un bloc rival à l'Est.
Pour devenir enfin une réalité, l'Europe ne peut se replier sur son aire. Elle a vocation à contribuer au règlement des crises comme médiatrice et comme actrice d'une nouvelle gouvernance mondiale. Elle peut promouvoir la stabilité financière, en assignant un rôle accru à l'euro face à la prééminence du dollar.
Elle a une chance de contribuer davantage à la paix en préservant son indépendance et en s'appuyant sur son exemplarité pour conjurer les logiques de force. Saisissant l'occasion historique de l'élection de Barack Obama, l'Europe doit conserver sa relation profonde avec les Etats-Unis, en valorisant les complémentarités d'action pour prévenir toute tentation unilatérale et en devenant une force de proposition sur les grands enjeux, le conflit israélo-palestinien, l'Afghanistan ou l'Iran.
Pour y parvenir, il faut inventer une sécurité européenne indépendante, grâce en particulier à un état-major autonome, une Agence de défense dédiée à des grands programmes européens et une force de projection rapide.
Elle serait légitime pour promouvoir l'équité d'une gouvernance mondiale refondée, par une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et par une promotion des organisations régionales. A l'heure où l'Europe hésite entre repli et fuite en avant, son défi consiste à renouer avec sa vocation pionnière. Antidote à la mondialisation subie, l'Europe choisie doit trouver un second souffle pour construire un nouveau demi-siècle de progrès et de paix.
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samedi, 02 mai 2009
CIDEC : journée Europe
Notre association, le Club Initiative Démocrate Européenne et Centriste organise sa journée européenne le 30 mai.
Un retour aux sources de l'histoire européenne nous a semblé nécessaire. Ainsi, nous irons visiter le centre européen de Scy-Chazelle, près de la maison de Robert Schumann.
La visite du Centre Européen sera suivie d'une intervention de Nathalie GRIESBECK, Députée Européenne et Conseillère Générale de Moselle.

Un apéro démocrate fera suite à cette intervention.
Cette manifestation est ouverte à toutes et à tous. Le prix par personne est fixé à 39 € et comprend le trajet en autocar - visite du centre européen - l'apéro démocrate - le repas ( boissons non comprises ).
Le programme :
- 7h30 Départ en autocar de Strasbourg, allée de la Robertsau, près des anciens bâtiments du Parlement Européen
- 10h visite du centre européen
- 11h30 intervention de Nathalie GRIESBECK sur l'Europe
- Conférence de presse
- 12h 30 Apéro Démocrate
- Repas
- visite de Metz entre passé et présent, chantier du Musée d’Art contemporain.
Les personnes intéressées par ce déplacement sont invité à s'inscrire avant le 16 mai par retour mail ou en me contactant au 06 26 45 38 78.
Télécharger la fiche d'inscription : scy-chazelles.pdf
Site web du Centre Européen : www.centre-robert-schuman.org
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jeudi, 12 mars 2009
Le 7 juin : votez !

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vendredi, 09 janvier 2009
Sur la tête de liste MoDem du Grand Est
Pour en revenir à la note précédente et sur le fait qu'il faut savoir faire des choix et surtout les faire connaître, voici le mien pour la tête de liste du Mouvement Démocrate sur le Grand Est pour les élections européennes.
A ce jour l'on sait qu'il y a deux candidats à la tête de liste du Mouvement Démocrate pour le Grand Est : Jean-François KAHN et Nathalie GRIESBECK. Les jeux sont très certainement fait et probablement pas en faveur de la personne que je vais soutenir, mais peu importe.
S'il est évident que la candidature de Jean-François KAHN peut être un coup médiatique comme François BAYROU les aime, j'estime que cela n'est pas suffisant pour en faire la tête de liste du Grand Est. Nul doute que l'ancien journaliste de Marianne ne soutienne la démarche de notre big boss national depuis quelques temps déjà, mais cela ne suffit pas pour moi.
Nous avons déjà depuis quelques années une eurodéputée qui à mon sens fait son travail. Elle a mené une liste à une période où l'UDF sortait véritablement d'une période de troubles et se restructurait enfin. Nathalie GRIESBECK n'a pas cédé aux sirènes d'un ailleurs plus prometteur et est toujours là, d'autres plus médiatiques ont disparus.
Peut-être ne bénéficie-t-elle pas de la médiatisation qui semble être devenue la seule vertu en politique, mais j'estime que c'est à elle de mener à nouveau la liste de notre mouvement aux élections européennes. L'on ne peut utiliser les gens et ensuite les jeter comme un kleenex après usage pour un hypothétique jeu média qui ne sera pas nécessairement porteur. En tout cas, je soutiens pour ma part sa candidature pour mener la liste européeenne sur notre circonscription.
Je n'ai rien en particulier contre Jean-François KAHN, mais il se trouve que l'on a quelqu'un sur place depuis quelques temps déjà. Ce qui relève d'un parachutage tacticien ne me convient pas particulièrement même si ensuite cela ne me posera pas de problème comme il y a pu en avoir par le passé avec d'autres élections et d'autres têtes de listes.
Pour ce qui concerne le représentant strasbourgeois sur la liste, j'aurais mon mot à dire dans une note ultérieure. Là par contre, je serais intransigeant, il est des configurations où je ne pourrais pas suivre le MoDem.
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dimanche, 13 juillet 2008
Disparition d'une figure de la construction européenne
La Pologne sous le choc après la mort accidentelle de Geremek, figure de l'opposition anticommuniste

Par Stanislaw WASZAK AFP - il y a 16 minutes
VARSOVIE(AFP) (AFP) - Bronislaw Geremek, figure légendaire de l'opposition anticommuniste, médiéviste et homme politique, est mort accidentellement dimanche en Pologne où sa disparition a suscité une immense émotion parmi ses amis mais aussi ses adversaires
"C'est un grand regret", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk, dans un communiqué publié juste après l'annonce de l'accident de route mortel. "La science et la politique polonaises ont perdu un grand homme. Beaucoup d'entre nous ont perdu un ami", a-t-il déploré.
Plusieurs dirigeants européens ont exprimé leur tristesse et leur admiration après ce décès accidentel.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a salué un "Européen d'une grandeur exceptionnelle" au "courage politique sans concessions", tandis que le président français Nicolas Sarkozy rendait hommage à une "grande figure de la construction européenne et de la réunification du continent".
"Nous perdons un homme politique droit et un ami qui s'est battu avec courage pour la liberté de son pays", a estimé de son côté le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.
"Il était l'exemple-même de patriotisme polonais", a déclaré l'ancien archevêque de Gdansk (nord), Mgr Tadeusz Goclowski. "Il a joué un grand rôle dans la lutte pour la vie dans la liberté", a-t-il souligné.
"Je suis abattu. Pour moi, je le voyais toujours très jeune, tout en sachant qu'il était plus âgé que moi", a déclaré Bogdan Borusewicz, président du Sénat polonais et co-fondateur du syndicat Solidarité.
Il a souligné la vie intellectuelle, professionnelle et politique extrêmement active, menée jusqu'au bout par Bronislaw Geremek, historien spécialiste du Moyen-Age français, ancien opposant anti-communiste, ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2000 et, depuis 2004, député au Parlement européen sur les listes d'un parti réformateur issu de Solidarité.
Ses adversaires politiques, anciens et actuels, lui ont rendu aussi un vibrant hommage.
Il avait rencontré Bronislaw Geremek notamment lors des négociations en 1989 sur la passation pacifique du pouvoir entre l'ancien régime communiste et l'opposition démocratique.
Selon M. Kwasniewski, "ce fut l'un des pères de la démocratie polonaise (...) un homme d'une culture historique énorme et d'un grand sens de l'humour". "Tout entretien avec lui était une aventure", a-t-il ajouté.
"C'était mon adversaire politique, mais en même temps (...) un des acteurs principaux de ce mois d'août (1980, lors des grandes grèves qui ont donné naissance au syndicat Solidarité), un homme politique éminent sans aucun doute, qui a une place de choix dans notre Histoire", a-t-il ajouté.
L'an dernier, les frères Kaczynski ont tenté en vain de priver Bronislaw Geremek de son mandat d'eurodéputé, sous prétexte qu'il avait omis de faire une déclaration sur ses éventuelles collaborations passées avec les services spéciaux communistes.
La Cour constitutionnelle de Pologne a donné raison à M. Geremek, selon qui une telle exigence violait ses droits civiques.
Son autre compagnon de lutte anti-communiste, Wladyslaw Frasyniuk, a regretté que la Pologne n'ait pas su "profiter des bons offices (de Bronislaw Geremek), qui ouvre les portes, calme les disputes, crée des bases de négociation pour les ministres, les Premiers ministres et les présidents".
Bronislaw Geremek est mort à l'âge de 76 ans dans un accident de la route, au volant de sa voiture qui a percuté une camionnette arrivant en sens inverse, dans l'ouest de la Pologne
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samedi, 28 juin 2008
Point de vue européen
Texte de Bronislaw GEREMEK paru dans le Monde daté du jour :
Europe, et si on changeait le contexte ?, par Bronislaw Geremek
LE MONDE | 27.06.08 | 13h05 • Mis à jour le 27.06.08 | 13h05Après le non irlandais au traité de Lisbonne, l'Union européenne a évité de prendre des décisions à la hâte. Mais il semble qu'il y ait déjà un plan : faire aboutir la ratification du traité de Lisbonne dans tous les pays qui ne l'ont pas fait et obtenir de la part de l'Irlande, isolée dans son refus, la répétition du référendum sur le même texte.
Le plan qui consiste à pousser l'Irlande à organiser un deuxième référendum a plusieurs précédents dans l'histoire de l'Union et n'est pas en contradiction avec les règles juridiques. Tout de même on ne peut pas nier que c'est un peu humiliant pour les Irlandais (oserait-on le demander aux Français ?) et que la culture démocratique des Européens en souffrirait aussi. Et imaginons ce que l'Europe ferait si des Irlandais s'obstinaient dans leur refus et répondaient non encore une fois ?
Il faut se rendre compte que les Européens du XXIe siècle craignent l'avenir et ne font pas confiance à l'Union européenne. Ils sont las de ses élargissements, ils la croient bien éloignée de leurs soucis quotidiens et inefficace pour relever les défis actuels. Les taux de croissance stagnants dans la plupart des pays membres de l'UE, ainsi que la cherté de la vie contribuent aussi à la morosité générale des Européens : c'est un facteur fondamental dans le climat psychologique européen.
Dans un tel climat, les grands projets visionnaires n'ont pas de chance de réussir. Le traité constitutionnel ainsi que le traité de Lisbonne étaient bien ce genre de projets visionnaires et supposaient un climat de confiance et de satisfaction à l'égard de l'UE. Il faut se rendre à l'évidence que ce n'est pas le cas aujourd'hui. La morosité psychologique est un obstacle de taille à des projets constitutionnels courageux.
Les historiens du constitutionnalisme savent bien que les Constitutions sont proclamées soit quand le peuple aspire à un tel acte (on parle d'un "moment constitutionnel"), soit par surprise. Les huit années passées ne coïncidaient pas avec un "moment constitutionnel" et toute tentative de prendre l'opinion publique par surprise n'aurait aucune chance. Les projets constitutionnels arrivaient au mauvais moment. Pour faire passer ces projets, il fallait expliquer aux Européens l'urgence des réformes constitutionnelles et c'était impossible sans que les Européens se réconcilient d'abord avec l'Europe. Cette "réconciliation" n'a pas eu lieu. Les derniers sondages d'opinion dans plusieurs pays de l'Union (y compris la France) ne sont pas réconfortants.
Que faire ?
Les trois mois d'école buissonnière que l'Union européenne s'est donnés servent l'idée de faire revoter les Irlandais. Est-ce vraiment la seule solution possible ? Et si l'on suivait le conseil de Jean Monnet en cherchant à "changer le contexte" et à formuler un autre plan ?
Il est indiscutable que les gouvernements nationaux doivent faire tout leur possible pour que le traité qu'ils ont déjà tous signé soit maintenant ratifié. Le Royaume-Uni a donné l'exemple et il faudrait que les sept autres pays fassent de même. Ils y sont obligés, la Convention de Vienne sur les traités le dit explicitement. C'est alors que le Conseil européen devra examiner la situation et décider de ce qu'il faut faire. Puisqu'une majorité de pays et de citoyens a approuvé le traité, le Conseil peut de manière tout à fait légitime procéder de concert avec la Commission européenne et le Parlement à la mise en oeuvre de tout ce qui n'exige pas d'amender les traités.
Le Conseil pourrait décider ainsi que le haut représentant pour la politique étrangère prend la présidence permanente du Conseil des affaires étrangères et qu'il se voit attribuer la responsabilité de la politique étrangère ainsi que la direction d'un "service d'action extérieure". Voilà le ministre des affaires étrangères - le nom de la fonction importe peu - dont l'Union a tellement besoin.
De même, rien n'empêche le Conseil européen de prendre la décision que ce soit le président de la Commission européenne qui préside les réunions du Conseil. Sans être le représentant officiel de l'UE à l'extérieur, il représenterait par la force des choses les institutions européennes.
Le Conseil européen pourrait proposer au Parlement de prendre la responsabilité du droit à l'initiative législative populaire (un million de signatures). De même, le Parlement européen pourrait lui-même prendre des mesures nécessaires pour renforcer la coopération avec les Parlements nationaux dans l'élaboration de la législation européenne. L'élargissement des droits et prérogatives du Parlement européen pourrait, par contre, se faire par des décisions (à l'unanimité) du Conseil.
Je ne donne que quelques exemples où il n'est pas nécessaire d'avoir recours à un nouveau traité. Mais il y a aussi des changements que l'on ne peut pas introduire sans un traité. Cela concerne en premier lieu le système du vote. Pour la santé de l'UE, il est urgent d'abandonner le principe de l'unanimité, dont le fonctionnement rappelle trop le liberum veto en Pologne, qui avait amené mon pays au désastre à la fin du XVIIIe siècle. Il est aussi nécessaire de remplacer le système du vote pondéré établi à Nice par un vote à double majorité (de pays et de citoyens).
Ce qui ne peut pas être réalisé à la base des traités existants peut être soumis à une consultation populaire à l'échelle de l'Union européenne, organisée le même jour dans tous ses pays membres. Une ou deux questions précises concernant le système de vote européen, une campagne d'information sur le sujet, un débat dans l'Europe entière sur le problème, et les Européens seraient appelés aux urnes (cela pourrait se faire en même temps que les prochaines élections au Parlement européen) : le Conseil et le Parlement sauraient quoi faire après une telle consultation.
L'Europe doit se doter d'une dimension politique, elle doit être capable de parler d'une seule voix, elle doit avoir la capacité de formuler et de réaliser des politiques de solidarité. Le traité donnerait cette possibilité et en même temps créerait un bond en avant spectaculaire. Les trois non consécutifs de la part de la France, des Pays-Bas et de l'Irlande exprimaient une mésentente entre les institutions européennes et les citoyens.
Dans les sociétés démocratiques, on n'a pas besoin que les institutions soient aimées, mais on a besoin qu'elles soient efficaces et légitimes et qu'elles suscitent la confiance. Soyons attentifs au message de Saint-Simon : "L'Europe unie doit être celle des citoyens." Pour répondre à la demande "faisons les Européens", il faut donner aux Européens l'occasion de "prendre la parole" comme le proposait Jacqueline de Romilly. Il ne faut pas craindre le peuple, il faut craindre le populisme, qui exploite l'absence du peuple sur la scène publique.
L'Europe est donc face à un choix important. Elle peut avoir recours aux sentiers battus, qui consistent à faire revoter ceux qui ont dit non. Et même si l'on y réussit, cela restera toujours une opération menée par les gouvernements nationaux, évitant de faire parler les citoyens européens. Ou bien, en utilisant les traités existants, l'Europe peut à la fois procéder aux réformes institutionnelles nécessaires et demander l'avis des citoyens européens. La première solution constitue la routine européenne, la seconde annonce une nouvelle étape de l'unité européenne.
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mercredi, 07 mai 2008
Pour un gouvernance européenne de l'internet
Encore un domaine où l'Europe ne parle pas, à ce jour, d'une voix unique, pourtant je pense que c'est un domaine où la chose est possible :
La Cnil, le FDI, l'Afnic et l'Isoc appellent à une gouvernance européenne de l'internet
ZDNet.fr - Mardi 6 mai, 17h52
Réglementation
Les principaux organismes français encadrant le développement d'internet - la Cnil, le FDI, l'Afnic et l'Isoc France (*) - militent pour que l'Europe pèse d'avantage dans les réunions du Forum international sur la gouvernance de l'Internet (FGI).
Placées sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU), ces réunions ont lieu tous les ans et permettent aux acteurs du web de débattre avec des représentants d'États ou d'ONG de l'avenir du Net. La dernière édition s'est tenue à Rio de Janeiro fin 2007 et a notamment traité de la domination américaine dans la gestion des noms de domaine.
« Nous nous sommes rendus compte que les Européens n'étaient pas assez unis, que leurs interventions n'étaient pas assez structurées et cohérentes, face notamment aux États-Unis mieux organisés et donc mieux représentés », explique-t-on au Forum des droits sur l'internet.
Un FGI européen prêt d'ici à 2009, 2010
Les quatre organismes vont donc pousser l'idée de créer un FGI européen dont l'objectif sera de coordonner les interventions au prochain FGI mondial, qui se tiendra du 3 au 6 décembre prochain à Hyderabad (Inde).
« Si nous ne sommes pas prêts pour cette édition 2008, nous le serons pour 2009 ou 2010, qui seront encore plus importantes », poursuit-on au FDI. L'organisme est manifestement conscient des difficultés à structurer la participation européenne à ces colloques internationaux. Mais des organismes similaires basés en Italie, au Royaume-Uni et en Belgique seraient déjà partants pour créer une structure européene. En revanche, l'idée aurait obtenu un accueil plus mitigé en Allemagne.
La Cnil, le FDI, l'Afnic et l'Isoc France ont déjà défini quelques thèmes fédérateurs : la protection des données personnelles, celle des mineurs (lutte contre les contenus illicites) et l'accessibilité des services internet à toutes les populations (développement de contenus multilingues, éducation en milieu scolaire...).
(*) FDI pour Forum des droits sur l'internet ; - Cnil pour Commission nationale de l'informatique et des libertés ; - Afnic pour Association française pour le nommage internet en coopération ; - Isoc pour Internet Society France.
Pour en savoir plus : L'ONU s'accorde sur la protection de l'enfance sur internet Pas d’avancées concrètes au Forum mondial sur la gouvernance de l’internet Le rôle des Etats-Unis au coeur des débats du Forum mondial sur la gouvernance de l'internet
Christophe Guillemin, ZDNet France
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