lundi, 06 avril 2009
D'OBAMA et de la Turquie
Il est quelque peu dérangeant de voir le président des Etats Unis s'exprimer sur qui devrait ou non entrer au sein de l'Union Européenne. Evidement, on ne réagit que très peu sur ce qui constitue une véritable ingérence dans les affaires internes d'une Union politique qui ne serait acceptée pour aucun autre chef d'Etat.
Si l'Union Européenne souhaite se donner les moyens d'influer sur ces partenaires mondiaux et de créer une véritable force politique, elle ne doit pas apparaître comme étant soumises aux desideratas de partenaires extérieurs. Ce n'est pas le rôle du président des Etats Unis que de définir qui a ou non vocation à entrer au sein de l'U.E. Nul n'est habilité à nous tenir la main pour lui faire prendre celle d'un partenaire ne faisant pas montre d'un fort enthousiasme dans le cas présent. Les avancées ne sont guères concluantes.
La Turquie n'a pas vocation à entrer dans l'Union Européenne. La voie du partenariat privilégié est la seule valable à mon sens. Non pas tant pour former un pseudo club « chrétien » ( ce type de contre-argument me hérisse, l'on essaye de mettre de côté des éléments géopolitiques et institutionnels pour résumer un refus à une forme de discrimination ) que par l'incapacité d'une Europe politique en panne à assimiler de nouveaux entrant, à fortiori un partenaire d'une telle ampleur. Les réflexes nationaux n'ont pas disparus, la crise nous a démontré la rapidité avec laquelle ils peuvent resurgir.
Il faut développer et dynamiser un partenariat pour renforcer le rôle stabilisateur de la Turquie au coeur d'un ensemble géographique sujet à divers conflits. Je ne crois pas que l'intégration au sein de l'Union Européenne renforcerait le poids de cette nation dans ce rôle. Au contraire, je tends à penser qu'elle passera aux yeux de ces voisins comme plongeant à bras ouvert dans ceux des occidentaux. C'est à un rôle de plate-forme à la croisée des civilisations (si j'ose employer ce terme...) qu'il convient d'aider ce pays à réaliser. Il ne s'agit pas de l'annexer au sein d'une Europe qui manifesterait par là davantage d'attachement à un esprit mercantiliste que politique. Jetons des passerelles, renforçons les coopérations, mais ne cédons pas à une vision purement économique.
Nos institutions ne sont pas à même de fonctionner efficacement à 27 Etats Membres. L'élargissement doit cesser jusqu'à ce que de nouvelles méthodes de gouvernance soient instaurées pour assurer une gestion au plus proche des intérêts des citoyens. Le désintérêt, voire la désaffection, de ces derniers à l'égard de l'idée européenne ne saurait être combattue en continuant comme nous le faisons à ce jour. Avant toute chose, il faut mettre en place des institutions démocratiques et efficientes. Une fois que nous saurons fonctionner à 27, la question de l'élargissement pourra être revue. Mais ce, à l'initiative des Européens, non pas du président des Etats Unis, tout Barrack OBAMA qu'il puisse être.
21:14 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, europe, usa, turquie, obama, actualité |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook








Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://leblogdearnaudlehmann.blogspirit.com/trackback/1737249
Commentaires
excellent billet à ce sujet chez quatremer :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/04/le-mexique-51e-%C3%A9tat-des-%C3%A9tatsunis-dam%C3%A9rique-.html
Écrit par : Laure | lundi, 06 avril 2009
obama est américain et il défend les intérêts des états-unis. rien de neuf sous le soleil...
Écrit par : luc lehner | mercredi, 08 avril 2009
Merci à Laure de nous avoir signalé le billet de Jean Quatremer... amusant mais pas très sérieux : le Mexique aurait-il demandé à intégrer la fédération des États-Unis d'Amérique ?
Concernant la Turquie, ce sont bien les Européens qui ont fixé les critères de convergence et qui ont décidé d'ouvrir des négociations avec la Turquie. Le Parlement européen en débat régulièrement pour suivre le processus de convergence. D'autre part, le Conseil européen a décidé d'accepter de recevoir valablement la candidature de la Turquie, à l'unanimité de ses membres. Faisons attention de ne pas trop malmener les institutions européennes par des oppositions trop radicales.
Il est évident qu'une adhésion serait très hasardeuse dans l'état actuel de nos institutions (traité de Nice). Mais c'est une hypothèse hautement improbable dans la mesure où le processus de convergence qui est déjà enclenché et qui traine, va demander encore une ou deux décennies. Espérons que d'ici là, les Européens historiques auront remis leurs institutions en ordre de marche !
Écrit par : pierre s | vendredi, 10 avril 2009
America is back
c'est le retour de ce mot tarte à la crème de "leadership"...
http://viguesse.over-blog.com/article-29981604.html
Écrit par : Victor | mercredi, 15 avril 2009
Écrire un commentaire