« Appel à candidature | Page d'accueil | Mouvement Démocrate Bas-Rhin »
mardi, 22 juillet 2008
Constitution.doc ?
Nous sommes tellement habitués aux votes blocs contre blocs où l'une de parties écrase l'autre, que l'on en oublie qu'une voix peut faire la différence dans un système démocratique.
Aujourd'hui, une voix à conduit à ce que la Constitution soit révisée. L'on peut se demander, sur un long terme, si cette victoire des volontés sarkozystes ne tendrait pas davantage vers une victoire à la Pyrrhus. Nicolas Sarkozy aurait pu se réjouir s'il avait obtenu une large majorité et démontré ainsi l'efficacité de sa politique d'ouverture, il n'en est pas ainsi. L'ouverture a aujourd'hui revêtue les traits du seul Jack Lang. Les tentations sarkosystes de ce dernier ne sont guère une nouveauté. Le président a certes vu ses désirs exaucés, pourtant sa position n'est guère confortable. Aune voix près, l'opposition se voyait revitalisée et le président affaibli, aidé en cela par des médias qui auraient trouvé grain à moudre sur la situation.
Si cette révision comportait les prémisses de possibles avancées, les questions fondamentales de la représentativité des sensibilités politiques composantes notre nation, sont restées à la marge. C'est pourtant un enjeu fondamental qui ne peut être pris à la légère.
Une voix et voici que l'omnipotence présidentielle se voit renforcée. La séparation des pouvoirs, fondement de notre système républicain, se voit encore une fois mise à mal sous les coups de boutoir du parti majoritaire. Une droite probablement nostalgique d'un absolutisme monarchique pourtant révolu. Désormais, le monarque pourra à nouveau se présenter devant sa cour. Évolution ou régression? L'on peut se poser la question.
Victoire de la démocratie? Encore aurait-il fallu que le choix des parlementaires soit totalement libre. Marchandages et pressions en tout genre sont la marque d'un pouvoir en place n'ayant que peu d'intérêt pour l'idéal démocratique. Mais qu'importe au fond, seul compte le résultat pour le responsable politique contemporain. Le Prince doit être satisfait, le reste est secondaire. Si pour cela il faut mettre ses propres convictions dans sa poche, on en passera par là.
Les médias ont également largement participé à tronquer un débat qui aurait pu être générateur d'idées neuves, d'améliorations du système politique en vigueur. Ce système qui a pourtant bien besoin d'être régénérée s'il veut pouvoir affronter les défis de notre temps. Pourtant, ce débat a été marginalisé. La question principale tournant autour de qui vote oui, qui vote non, voire, qui pourrait s'abstenir. La volonté finale étant de pouvoir titrer en temps et en heure sur la grande victoire de Nicolas Sarkozy, ou au contraire, se lancer dans un concours éditorialiste sur les raisons d'un échec et l'affaiblissement du président de la République. Pari quelque peu perdu, il n'y a ni grande victoire, ni échec du processus voulu par le chef de l'Etat.
Aujourd'hui, la Constitution est à nouveau changée. Les élus jouent un jeu dangereux en modifiant l'un des outils principaux pour notre système républicain selon les humeurs du prince en fonction. A force de transformations, la valeur symbolique de ce document ne peut que se perdre. A une époque où nos concitoyens cherchent des repères, perdent confiance en un système démocratique qu'ils jugent bien souvent pervertis, l'on joue avec le feu. Si la Constitution ne doit pas être gravé dans le marbre et doit pouvoir être adapté à la conjoncture, elle ne devrait être transformé par à-coups, mais par le résultat d'une réflexion approfondie de l'ensemble des partenaires du monde politique. Ceci impliquant les partis politiques, mais également une large prise en compte des citoyens.
Pour moi, notre Constitution n'est pas un fichier Word qui peut être corrigé dès que bon nous semble, suivant l'inspiration du moment.
02:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, gouvernement, parlement, constitution, actualités






Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://leblogdearnaudlehmann.blogspirit.com/trackback/1597458
Commentaires
Cette voix n'aurait pas fait la différence si le MoDem avait été aussi bien ordonné que le PS ou l'UMP. Nous pouvons donc dire un grand merci tout particulier (ironie) à :
- Catherine Morin Desailly
- Philippe Arnaud
- Yves Detraigne
- Françoise Ferat
- Michel Mercier
- Philippe Nogrix
Ecrit par : Teddy | mardi, 22 juillet 2008
Globalement d'accord avec ton analyse. L'absence d'un réel vote en conscience est navrant. Une révision constitutionnelle devrait être préservée des arrangements et des considérations politiciennes.
En revanche, je ne pense pas que cette révision marque un tournant vers une présidentialisation du régime. De nombreux points vont plutôt dans le sens d'un renforcement du pouvoir des assemblées.
Ecrit par : Cédric | mardi, 22 juillet 2008
Ecrire un commentaire