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dimanche, 18 mai 2008

CNIL : protection des données personnelles dans la Constitution ?

Le président de la CNIL souhaite faire inscrire dans la Constitution le droit à la protection des données personnelles. Sur le principe, j'y suis favorable. Dans la pratique, cela resterait tout de même une déclaration d'intention plus qu'autre chose. La question des données personnelles ne peut être traitée au niveau d'un seul pays, c'est une problématique internationale. L'Europe s'engage dans cette voie (du moins 13 pays sur 27), mais est-ce suffisant?

 

J'ajoute qu'aucune réglementation n'assurera une protection optimale des données. Pour ce qui est de l'utilisateur d'internet, c'est à lui de faire en sorte de réduire les possibilités de "fuites". Il faut être conscient que les informations que l'on donne sur les blogs, forums, réseaux sociaux,... laissent des traces. 

 

Ce qu'il faut faire selon moi, c'est sensibiliser davantage l'utilisateur à cette question des données personnelles (et surtout de la circulation de ces informations). Notamment en ce qui concerne les jeunes qui utilisent blogs et réseaux sociaux sans forcément prendre conscience que ce qu'ils mettent en ligne pourra les suivre par la suite (pouvant porter préjudice à un entretien professionnel par exemple). 

 

Cela dit, tout ce qui va dans le sens d'une meilleure protection de chacun, ne peut être qu'un pas positif, comme l'inscription de ce droit dans la Constitution.

 

La Cnil veut faire inscrire la protection des données personnelles dans la Constitution

 

01net.

 

Par Philippe Crouzillacq, 01net. 01net. - Vendredi 16 mai, 18h30

Faire reconnaître le caractère fondamental et constitutionnel du droit à la protection des données personnelles, c'est l'une des nouvelles missions que s'est fixée Alex Türk, le président en exercice de la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés). Le sénateur et juriste souhaite profiter de la mission qui a été récemment confiée à Simone Veil sur « une nouvelle rédaction du préambule de la Constitution », pour faire entrer le droit à la protection des données dans le texte fondateur de la Ve République. Une position déjà adoptée par 13 des 27 pays membres de l'Union européenne.

 

Remise en cause des libertés fondamentales

« Nous sommes aujourd'hui confrontés à une problématique récurrente de traçage de la personne dans l'espace et dans le temps », a précisé vendredi 16 mai Alex Türk, à l'occasion de la présentation du rapport annuel de la Cnil. « Dans l'espace, par le déploiement de technologies comme le GPS ou les puces RFID. Et dans le temps, en raison des informations à caractère personnel stockées [sans limite dans le temps, NDLR] sur des réseaux sociaux, comme Facebook ou MySpace, et sur les différents moteurs de recherche. »

Au final, estime le président de la Cnil, « l'individu se retrouve face à la remise en cause de deux de ces libertés fondamentales : celle d'aller et venir et la liberté de pensée et d'expression, mise à mal pas la négation actuelle du droit à l'oubli. Tout cela fait que l'on peut se retrouver à 50 ans en porte-à-faux avec des propos tenus quinze ou vingt ans plus tôt. Cela n'est pas tenable ! ».

Au niveau européen, le G29, groupe des Cnil des pays de l'Union, a récemment travaillé à une recommandation sur les moteurs de recherche et sur les réseaux sociaux. Et des auditions pourraient se tenir cet automne à Bruxelles avec les principaux acteurs du secteur, à commencer par Google et par Microsoft.

 

Trackbacks

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Commentaires

La protection des données individuelles dans les prochaines décennies sera l'un des enjeux de société les plus forts. Parce que cette volonté de tout connaitre sur l'individu concerne tant des pays totalitaires comme la Chine (associé aux nouvelles technologies et à la complaisance de grandes entreprises telles Yahoo, on imagine ce que cela peut donner), mais aussi des pays a priori sans aucun doute démocratique au sens où il existe la liberté d'expression et donc une capacité de résistance de la société civile, mais aussi et surtout parce que cette recherche de l'information des données individuelles, n'oublions qu'elle a déjà largement commencé dans nos pays occidentaux (il suffit pour s'en assurer de regarder les questionnaires demandés par les sociétés de prêts ou d'assurance), est et sera de plus en plus discriminatoire entre ceux qui auront les moyens de s'en libérer et ceux qui n'en auront pas les moyens, donc entre les riches et les pauvres. on trouve dons une conjonction d'intérêt pour que l'Etat (quel qu'il soit, démocratique ou non) et les classes les plus favorisées conduisent à faire peser un dictat à l'opinion publique pour justifier de cette démarche certainement au nom d'une sécurité garantie (?)
A votre réflexion

Ecrit par : Citoyen | lundi, 19 mai 2008

Un exemple simple du problème posé,
J'ai été amené à traiter avec une jeune femme pour le travail. Il m'a suffit de taper son nom sur google pour voir apparaitre toutes les pétitions internet qu'elle a signée, et ainsi cerner facilement ses opinions politiques.
Et grace à des sites pour retrouver ses anciens amis, j'ai pu également retracé tout son parcours depuis le lycée, ces études, ses emplois, ...
Pour moi ça ne change rien, mais lorsque vous postulez à un poste, vous n'avez pas forcément envie que votre futur employeur potentiel puisse connaitre tous vos opinions et vos engagements politiques ou associatifs.

Ecrit par : Philippe M | mercredi, 21 mai 2008

D'accord avec Philippe M, sauf lorsque l'on porte un nom pour lequel il existe des gens beaucoup plus connus que vous et relativement répandus.

Ecrit par : Citoyen | mercredi, 21 mai 2008

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